Grèce : Bilan 2015 – 2018, OKDE-Spartakos et IVème Internationale

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17e congrès mondiale de la Quatrième Internationale, contribution de la TPQI1

LES TROIS ANNÉES ÉCOULÉES

1) Après trois ans de gouvernement Syriza, le moment est venu d’un bilan afin d’observer quelles ont été les erreurs de la direction de la IVème Internationale (QI) par rapport à la Grèce mais aussi de voir en quoi la ligne suivie par la majorité de la section grecque était erronée, sans oublier de voir quelles sont les perspectives en ce début 20182.

2) Dans la période précédente (2010 – 2015) , nous avons connu un mouvement de masse exceptionnel avec une grande combativité. Nous avons eu une participation massive aux grèves générales nationales, qui ont conduit, lors de la grève générale d’octobre 2013, vers l’apparition d’un embryon de situation prérévolutionnaire. La dernière expression de ce mouvement de masse a été le mouvement pour le NON au referendum de l’été 2015. Par ailleurs, nous avions à faire à une gauche grecque apte à parler un langage très gauche mais qui en même temps poussait dans le mouvement de masse au maintien et à l’exacerbation des divisions et à l’absence d’auto-organisation. Certes, il y a eu des pressions du mouvement de masse et particulièrement de quelques syndicats de base pour que soit donné un rôle plus important aux procédures à la base, mais ce qu’on constate, c’est l’impossibilité toutes ces années qu’il y ait une grève générale s’il n’y avait pas d’appel des directions nationales des syndicats.

3) En ce qui concerne Syriza, ce qui est avéré, c’est qu’il s’agissait d’un parti réformiste avec un discours radical et un fonctionnement bureaucratique. Le mécanisme du parti a toujours été contrôlé par le Synaspismos et il a été construit de manière à empêcher tout renforcement réel d’une aile radicale ou révolutionnaire. Le noyau de base du parti (les »partisans du président» mais pas seulement eux) avait dans les années 90 adopté une politique social-libérale dont les jalons ont été le soutien à des privatisations et le vote en faveur du traité de Maastricht. Le tournant vers le »mouvement» s’est produit sous la pression de la montée du KKE et de la maigreur de ses propres résultats électoraux dans cette période. Un parti qui a l’angoisse de parvenir au seuil minimum de 3 % nécessaire pour entrer à l’Assemblée est clairement davantage disposé à faire des concessions verbales à des alliés du terrain extraparlementaire qu’un parti qui gouverne et gère la crise du capitalisme, comme le Synaspismos en 1989 ou Syriza aujourd’hui. Ainsi, malgré la présence en son sein de groupes révolutionnaires qui lors des congrès ont pu en se liant au courant de gauche du Synaspismos avoir une influence proche de 30 %, c’est bien aux mains d’une force politique dotée d’une continuité historique de plusieurs décennies qu’est resté le contrôle absolu de Syriza. L’impossibilité de développer une radicalisation en son sein a été renforcée par le fait que la majorité du »mouvement» se situait en dehors de Syriza. De plus, l’implantation de Syriza dans le mouvement ouvrier était particulièrement faible. C’est ainsi que, dès 2010, la direction de Syriza a mis en avant de renégocier les memorandums et non plus de les refuser.

4) La gauche anticapitaliste indépendante a toujours été forte et combative mais particulièrement sectaire et très divisée. Néanmoins, à partir de 2009, elle devient avec la création d’Antarsya visible sur le plan national, politiquement et socialement ; réduite électoralement, elle a cependant une présence dynamique dans les luttes. Ce double constat – pas de possibilités d’élargissement de la radicalisation au sein de Syriza et émergence d’une force de gauche anticapitaliste de plusieurs milliers de militant-e-s- nous a amenés à cette conclusion : prioriser notre investissement dans la construction d’Antarsya, en appelant à la renforcer pour peser davantage politiquement dans le sens d’une rupture avec la gestion du système capitaliste. Cet investissement était d’autant plus nécessaire qu’Antarsya avait tendance à se désintéresser des questions centrales du gouvernement pour se centrer avant tout sur le développement des luttes.

5) La question du gouvernement a été en tout cas décisive. Les logiques sectaires dominantes de la gauche marquée par le stalinisme ont empêché pour une longue période tant la propagande de masse du mot d’ordre que la préparation pratique d’un »gouvernement ouvrier» avec participation des partis de la gauche (Syriza, KKE, Antarsya), permettant à la ligne »du gouvernement de la gauche», version Syriza, de s’imposer. En dépit de cela, et même si c’est avec beaucoup de retard, toutes les forces de la gauche se sont trouvées sous la pression de la question gouvernementale. La majorité de NAR, la force hégémonique dans Antarsya, a adopté la formule de »pouvoir et gouvernement des travailleurs». Et même la direction du KKE s’est trouvée confrontée à une puissante pression à cause de la prise de distance de la base des membres organisés du parti, lors du referendum, et s’est ainsi vue contrainte -même si ce fut pour quelques jours seulement- de changer de discours. Assurément, la métamorphose par le gouvernement Tsipras du NON en OUI a clos en substance toute discussion et a enlevé la pression qui pesait sur les directions de la gauche.

LES ERREURS DE LA DIRECTION DE LA IVème INTERNATIONALE SUR LA QUESTION GRECQUE

Elles sont de 2 ordres :

-la première est celle du choix des sources d’information, problème existant dès le début des années 2000. Du crédit a été accordé à des informations de non membres de la QI qui présentaient comme »événement exceptionnel» le dialogue entre membres du Synaspismos et (anciens) militant-e-s d’organisations révolutionnaires ou radicales. La direction de la QI était impressionnée par la capacité du Synaspismos de surfer sur le mouvement altermondialiste en usant d’un discours gauche. N’ont alors pas été pris en compte sérieusement les efforts de militant-e-s d’OKDE Spartakos (dans Inprecor, dans la presse de la LCR) pour rappeler et illustrer les limites de ce parti gestionnaire et réformiste qu’était le Synaspismos et pour évoquer l’implication massive dans le mouvement de forces révolutionnaires qui allaient former la gauche anticapitaliste. Cette tendance à l’information sélective se vérifiera par la suite (communiqué de la QI en 2012 sur la Grèce sans consulter la section, retard à prendre en compte la réalité militante et le rôle d’Antarsya, tendance à accorder une plus grande importance après 2015 à Unité Populaire (UP / LAE) qu’à Antarsya).

-la seconde est d’ordre politique, et on peut dire qu’elle a connu 2 phases . Une première phase où visiblement, des camarades de la direction de la QI ont semblé croire à la possibilité d’une radicalisation du Synaspismos. Deuxième phase : il devenait peu à peu à peu près clair que la composante Synaspismos majoritaire était effectivement classiquement réformiste, mais à la veille des élections de janvier 2015, la direction de la QI semblait encore croire que la direction de Syriza allait vouloir appliquer son programme (minimum) des 5 points, pendant que la section indiquait qu’il n’en était pas question, comme cela a été démontré dès le lendemain des élections. Idem pour le referendum de l’été 2015 : la direction de la QI a certes clairement évalué son enjeu décisif, mais a cru à une initiative offensive de Tsipras alors que tout laisserait penser qu’il comptait sur une défaite du non au diktat de la troïka pour démissionner. D’où une période d’incompréhension de la part de la QI devant l’abandon de toute prétention même réformiste de Tsipras le soir même de l’immense victoire au referendum, alors que toute la campagne avait été politiquement portée par Antarsya et la gauche de Syriza. Dans cette deuxième phase, l’attention de la direction s’est portée bien avant 2015 surtout sur la gauche de Syriza, devenue UP / LAE après l’été 2015. Il y a eu une claire surestimation des possibilités que cette gauche puisse peser sur le cours du gouvernement et sur les rapports de forces internes, ou même qu’elle puisse être un élément clé du mouvement de masse pour aller de l’avant. Il y a eu surestimation des scores possibles de cette gauche aux élections de l’automne 2015, avec sous-estimation du fait que le noyau de ce courant de gauche est composé de bureaucrates (qui ont été ministres tout à fait dans la ligne) regroupés sur des bases patriotiques de retour à la drachme.

Tout cela avait à faire avec la direction générale de la QI pour la construction de partis larges où participent anticapitalistes et réformistes. Tant le choix des sources d’information que les thèses de la QI sur la Grèce se sont basées sur cette ligne. De manière générale, les expériences issues de cette orientation ne sont pas positives, mais cela vaut particulièrement dans le cas de la Grèce où les résultats ont été exceptionnellement négatifs.

Pour autant, il ne faut assurément pas tenir pour rien des thèses de la QI, telles les analyses sur la dynamique du mouvement de masse, la nécessité de mesures de rupture anticapitalistes, la place de l’auto-organisation, la question économique et politique centrale de la dette, la compréhension d’une nécessaire solidarité active du mouvement ouvrier avec mise en place de campagnes dans de nombreux pays, l’importance de la question du gouvernement avec prise en compte de l’état réel du mouvement ouvrier. Pourtant, nous estimons qu’il aurait fallu que la situation grecque tienne une place plus forte dans les discussions au sein de l’internationale et dans la solidarité, en particulier sur un axe européen qui aurait pu illustrer le vieux slogan : »contre l’Europe des trusts et les parlements du capital, vive l’Europe des travailleurs/euses, solidarité internationale!».

La principale faute politique a été l’intérêt insuffisant porté à Antarsya comme regroupement conséquent de forces anticapitalistes. Il ne fait pas de doute qu’une discussion permanente, des rapports réguliers dans la période clé de 2010 à nos jours avec Antarsya en tant que telle mais aussi avec NAR, sa principale composante, dont Ernest Mandel avait compris l’importance en venant discuter lors de sa création à la fin des années 80, nous aurait donné davantage de possibilités de peser dans l’actuelle situation politique, riche en replis en tout genre, entre la phase nationaliste de l’UP / LAE et la vie souvent séparée des organisations au sein d’Antarsya.

Une autre conséquence de ces fautes est la fuite en avant de la majorité d’OKDE Spartakos qui, sur la base de notre critique des erreurs de la QI par rapport à la Grèce, s’est repliée sur une théorisation du caractère prétendu réformiste de la direction de la QI, voire de toute la QI, qualifiée de »corps mort» lors du congrès local pour le congrès mondial.

UN PROFOND DÉSACCORD AVEC LE TEXTE DE LA PLATE FORME SUR LA GRÈCE (JUILLET 2017)

Nos désaccords avec la Plate Forme se situent à plusieurs niveaux. Les points fondamentaux avec lesquels nous sommes en désaccord sont l’optimisme excessif sur la période, le tournant vers l’anti-impérialisme en opposition à l’anticapitalisme classique qui caractérise notre courant, et le fait d’envisager la QI comme un ennemi. Ce que nous nous considérons comme des fautes de la QI par rapport à la Grèce et à Syriza renforce une théorisation figée de la Plate Forme selon laquelle la QI est devenue en faillite et réformiste.

En relisant des textes d’OKDE Spartakos depuis 2012, on constate une évolution très nette entre des prises de position veillant à prendre en compte la complexité de la situation et le texte sur la Grèce signé par Manos (ou la partie du texte de la Plate Forme faisant référence à la Grèce) qui contredit parfois des textes antérieurs. Et il y a surtout une conclusion que nous désapprouvons totalement : »nous devons admettre que la direction de la QI ainsi que les dirigeants de la plupart des courants révolutionnaires internationaux ont soutenu Syriza sans critique et ont donc leur propre responsabilité d’avoir aidé Syriza à hégémoniser le courant social qui a éclaté contre l’austérité, ce qui a suscité la passivité de la classe ouvrière (…) et, enfin, une catastrophe.» Il nous semble que tout est erroné dans cette conclusion particulièrement grave.

Voici en ce qui concerne la situation en Grèce les points centraux de désaccord avec le texte de Manos et la Plate Forme

1) Incompréhension de ce qu’est Syriza

– Syriza d’après le texte de Manos n’aurait jamais été jamais lié de manière organique au mouvement. Nous pouvons accepter que Syriza n’est qu’une partie limitée du mouvement (Léon dans son texte de réponse à Manos semble voir Syriza »hégémonique»), Syriza a pourtant réussi à exprimer électoralement ce mouvement social, même si ce parti a une présence faible au sein du mouvement ouvrier organisé.

– Syriza ne serait pas l’expression du mouvement de masse ascendant, mais une expression de sa fatigue et de son ralentissement : c’est peut être la principale erreur de ce texte, qui arrête les grands moments du mouvement à 2012. Or, d’autres grèves ont lieu après (la plus forte sûrement en 2013). Ce constat s’oppose d’ailleurs à la déclaration de la section grecque en janvier 2015, insistant sur les mobilisations innombrables de l’automne hiver. Il ne voit pas que sans cette poussée du mouvement de masse des années précédentes, Syriza ne serait jamais arrivé au gouvernement.

2) incompréhension de ce que devrait faire un gouvernement au service des travailleurs : la promesse d’abolition des memorandums était selon le texte de Manos fallacieuse (cela était-il forcément vrai au début? On peut en discuter) et nocive car favorisant l’attribution de la lutte contre l’austérité à une direction parlementaire. Or, à la lumière de bien des expériences, que le mouvement de masse pousse un gouvernement à abolir une injustice, en quoi est ce nocif? Au contraire : il faut imaginer ce qu’aurait entraîné une victoire sur les memorandums qu’aurait imposée le mouvement de masse. On serait sûrement entré dans une période nouvelle à l’échelle grecque et européenne

– dans les années 2011, dit le texte de Manos, il était possible de construire une autre alternative basée sur des expressions d’auto-organisation limitée, mais réelles et importantes. C’est malheureusement faux, parce qu’il y a surestimation des possibilités politiques de cette période. S’il a réellement existé toutes ces années 2 ou 3 moments qui auraient pu amener à des situations prérévolutionnaires, ce n’est malheureusement pas dans le cadre de quelques expériences d’auto-organisation mises en place. Du coup, cette limitation des possibilités de la période, avec comme base cette logique, a fait que la ligne de la section grecque dans la période a été surtout une propagande pour la révolution, là où l’urgence de la situation était et reste de construire des cadres de front unique pour le développement de luttes ouvrières, antifascistes, internationalistes, avec une dimension politique anticapitaliste.

3) Par rapport au réformisme de Syriza : non, la QI n’a jamais nié le caractère réformiste de Syriza et ne l’a jamais présenté comme un parti anticapitaliste! Voir à ce sujet la réponse de Léon au texte de Manos. Les erreurs de la QI étaient autres, comme on l’a décrit dans la première partie de ce texte.

Oui, la direction de la QI semble avoir cru en un »nouveau type de réformisme». Au delà du fait que chaque expérience de gauche réformiste a ses particularités. Manos lui même reconnaît que cet aspect nouveau »n’était pas totalement vrai»… donc pas complètement faux!

Oui, la direction de la QI a soutenu le plan d’urgence de Syriza, mais en disant bien que cela impliquait la mobilisation des travailleurs et un début de rupture avec la logique capitaliste.

A t’elle soutenu Syriza (c’est l’accusation qui se trouve dans le texte) ? La question est sans intérêt si on ne précise pas davantage. Même Manos écrivait en 2012 dans un texte avec d’autres camarades qu’ils soutiendraient les mesures positives d’un gouvernement Syriza (»Si un gouvernement dirigé par Syriza prenait des mesures favorables aux travailleurs, telles que la remise en cause des memorandums, il est évident que les révolutionnaires les soutiendraient.»). Participer au lancement et à l’animation du comité pour un audit de la dette était-il un soutien du gouvernement? Non, à partir du moment où il y avait participation du mouvement ouvrier à cet audit (ce qui a été partiellement le cas) et si cette participation s’inscrivait dans un cadre de mobilisation. Le comité en question a aidé à la popularisation de cette question, même s’il est resté excessivement confiné au cadre parlementaire, sans impulser des mobilisations de masse pour l’annulation de la dette. Sur l’accusation de soutien de Syriza qu’énonce le texte de Manos, il faut reprendre le texte de la QI (2012) : »face au déchaînement de la troïka contre Syriza qui refuse d’appliquer ses plans d’austérité, devons-nous ou non soutenir Syriza dans cette opposition à la politique actuelle? (…) il faut soutenir Syriza». Dans ce contexte, on est très loin d’un soutien à la ligne générale de Syriza , et les problèmes selon nous étaient tout à fait autres (illusions sur la possibilité d’une évolution à gauche du courant de l’ancien Synaspismos, cf 1ère partie).

-fallait il construire une »opposition ouvrière» à Syriza dès janvier 2015? C’est une erreur tactique : il fallait avant tout engager les mobilisations de masse pour l’annulation des memorandums, en exigeant la concrétisation de ce point du programme

Parallèlement à cette évolution de l’analyse de la section entre 2012 et 2017, telle qu’on la voit dans le texte sur la Grèce de Manos, avec une conclusion catastrophiste et fausse que nous ne partageons pas, nous faisons deux remarques finales :

– question de l’information : par principe et pour contrer les informations données à la direction de la QI par des militants non membres (cf 1ère partie), des membres de la section grecque ont régulièrement envoyé des articles aux organes et à la presse de la QI. Cela a permis de faire connaître au-delà de la seule direction de la QI nos appréciations sur Syriza, sur la construction de la gauche anticapitaliste indépendante, sur les enjeux pour le mouvement, mais aussi sur le risque mortel qui naissait avec le tout petit succès électoral d’Aube Dorée en 2010 et sur les tâches qui en résultaient. A partir de 2012, à part 2 ou 3 déclarations de la section, nous n’avons eu aucun texte d’analyse de camarades de la section, alors que l’on pouvait lire des contributions de sensibilités politiques différentes de la section. A cela, pas d’autre raison que celle ci : la section n’a pas ressenti la nécessité dans une période certes prenante mais cruciale d’envoyer régulièrement des textes d’information et d’analyse, ce qui certainement n’a pas aidé à diffuser les analyses au niveau des militant-e-s de la QI

– question des perspectives : l’une des raisons qui nous ont poussés à fonder notre tendance est justement celle de l’absence de perspectives politiques concrètes et crédibles dans le texte de Manos comme dans celui de la Plate Forme. Concernant la Grèce, il nous semble décisif, pour éviter tous les replis en gestation, de pouvoir proposer quelques perspectives pour la période actuelle en Grèce.

Car le bilan de la ligne politique suivie par la direction de la section grecque est sans appel : alors que toutes ces années la section avait le champ libre pour faire la démonstration en Grèce de sa »juste ligne», dans une situation exceptionnelle à l’échelle de l’histoire, elle n’a pas su »saisir les occasions» comme le réclame la Plate Forme à laquelle elle participe pourtant. Ainsi, elle est tout bonnement démentie par la situation réelle. Là où la section aurait dû connaître un très fort développement, puisqu’elle appliquait une ligne opposée aux »impasses» de la direction de la QI, elle reste pourtant un tout petit groupe qui ne pèse en rien dans la situation politique et qui, plus grave encore que ses maigres effectifs, a perdu son image d’organisation utile à l’unité d’action, que ce soit au sein d’Antarsya, dans la gauche révolutionnaire et radicale, et plus largement dans le mouvement ouvrier. Il y a donc urgence à mettre en œuvre une politique alternative à cette ligne catastrophique, c’est ce que se propose précisément de faire notre tendance TPQI.

Les perspectives de la période qui s’ouvre devant nous sont particulièrement difficiles et exigeantes. Objectivement se pose la question d’une recomposition : celle du mouvement, recomposition politique, (même) morale, des forces de la gauche sur le socle des défaites et de la déception, mais aussi avec d’importants affrontements dans la lutte de classe causés par l’attaque continuelle du capital dans le cadre imposé par le gouvernement Syriza et les créanciers de la Grèce. Cette recomposition doit se faire sans sectarisme mais aussi sans retour ou répétition de l’opération tentée et ratée avec Syriza. L’objectif, c’est que nous puissions à partir des leçons et des amères expériences formuler de meilleures conditions pour l’intervention et le développement d’une gauche massive, anti-système et anticapitaliste.

TPQI OKDE-SPARTAKOS (sgqi), 23/1/2018

1TPQI : Tendance Programmatique Quatrième Internationale, tendance déclarée au sein de l’OKDE-Spartakos, section grecque de la QI.

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